La Cour suprême et le tribunal doivent protéger les témoins dans l’affaire du Paniai sanglant

Tribunal
Les juges du tribunal des droits de l'homme de Makassar ont tenu une audience pour lire l'acte d'accusation dans l'affaire Paniai sanglant à Makassar mercredi (21/9/2022). L'affaire a été examinée et sera entendue par un panel de juges dirigé par le juge en chef Sutisna Sawati avec Abdul Rahman, Siti Noor Laila, Robert Pasaribu et Sofi Rahman Dewi comme juges membres. - Jubi/Eko Rusdianto

Jayapura, Jubi – La coalition de la société civile surveillant l’affaire Paniai a exhorté la Cour suprême et le tribunal des droits de l’homme de Makassar à assurer la protection des témoins qui comparaîtront dans le cadre du procès de l’affaire Paniai sanglant. La coalition a également demandé que tout membre du panel de juges présidant l’affaire soit également protégé. C’est ce qu’a indiqué la Coalition de la société civile surveillant l’affaire Paniai dans un communiqué de presse écrit, reçu par Jubi mercredi soir (21/09/2022).

La Coalition a souligné le fait que six policiers ont visité une maison habitée par des étudiants de Paniai à Makassar mardi après-midi (20/9/2022). L’arrivée des policiers, qui ont demandé si les étudiants envisageaient de manifester pendant le procès de l’affaire Paniai sanglant au tribunal des droits de l’homme de Makassar, a été considérée comme une forme de terreur pour les étudiants de Paniai.

La Coalition demande instamment à la Cour suprême et au tribunal des droits de l’homme de Makassar de garantir une protection adéquate aux juges et aux témoins. La Coalition demande également à la Cour suprême, par l’intermédiaire du tribunal des droits de l’homme de Makassar, de se coordonner avec le commissaire de police de Makassar afin d’assurer la sécurité des Papous indigènes vivant à Makassar pendant le procès de l’affaire du Paniai sanglant.

« La Coalition regrette que la sécurité à l’extérieur du procès reste également un problème qui n’est pas abordé », a dit la Coalition dans un communiqué de presse écrit.

Lors de la première audience du mercredi (21/9/2022), l’équipe de procureurs dirigée par Erryl Prima Putera Agoes a accusé Isak Sattu de deux infractions de crimes contre l’humanité, qui sont passibles de la peine de mort, la plus lourde, et de la peine de dix ans d’emprisonnement, la plus légère. L’équipe de l’accusation a préparé 52 témoins qui étaient des membres de la communauté, des membres de TNI et des membres de la police, plus six témoins experts dont la présence serait demandée dans la salle d’audience. Ces témoins seront interrogés lors de l’audience du 28 septembre 2022.

Dans un communiqué de presse écrit, la coalition de la société civile surveillant l’affaire Paniai a de nouveau critiqué le Bureau du procureur général pour n’avoir renvoyé qu’un seul accusé dans l’affaire de violation flagrante des droits de l’homme de Paniai sanglant. La démarche du Bureau du procureur général est considérée comme incompatible avec l’élément « attaques massives ou systématiques dont on sait qu’elles sont dirigées contre la population civile » dans la construction des crimes contre l’humanité.

La Coalition considère que l’acte d’accusation du Bureau du procureur général a obscurci la construction juridique des crimes contre l’humanité dans cette affaire, notamment en désignant IS comme seul accusé.

« Nous demandons instamment au procureur général de mener une enquête approfondie sur tous les auteurs – autres que l’IS – qui sont directement responsables ou qui détiennent une responsabilité de commandement et de les traduire en justice. Avec une seule personne inculpée dans ce procès, nous devons nous demander : “Qui est protégé par les procureurs ?” », peut-on lire dans le communiqué de presse écrit de la Coalition. (*)

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