Jayapura, Jubi – « Angaye-angaye no emki untaye, angaye bao, aa, hao, angaye, angaye wagana nikavo, morae banago, hao,aa hao antok anu ae anago, hao, hao, jilka untae bawano, hao, hao » ( Vous m’avez donné des montagnes majestueuses et glorieuses et des nuages qui flottent autour de leurs sommets, vous m’avez donné des forêts qui protègent ma terre, j’aime me promener sous votre ombre).
« Cette phrase de la langue amungme est une forme d’appréciation du Créateur et de protection de la nature comme source de vie. Chanter et danser est une forme de gratitude pour le don de Dieu sous la forme de l’univers qui nous est offert », a dit Albert Rumbekwan, professeur du programme d’études en histoire de l’Universitas Cenderawasih de Papouasie, lors de la discussion sur le livre “Dosa dan Masa Depan Planet Kita” (Le péché et l’avenir de notre planète), qui s’est tenue au café Kakao Kita Papua, à Kota Raja, jeudi 21 juillet 2022.
Selon Rumbekwan, le livre place l’éthique comme la base principale du dépistage de la « folie » du ratio et de la science en nous.
« L’éthique de la perception culturelle et historique des forêts et de la nature par les Papous existe déjà dans les chansons et le folklore qui racontent ce qui se passe dans l’environnement qui nous entoure. Comme on peut le voir dans les paroles de la chanson que j’ai expliquée plus tôt. Mais parfois, les gens ignorent cela pour exploiter la nature de manière excessive ou ne sont pas au courant », a-t-il expliqué.
Outre les Amungmes, les Byak ont aussi leur propre perception de l’univers. Rumbekwan a indiqué que le peuple Byak considère l’univers et eux-mêmes comme une seule entité qui a le même créateur. Par conséquent, le moyen de communication est le Wor ou la danse et le chant dédiés à Dieu et au ciel.
« Wor Fa Nanggi est une cérémonie d’offrandes au ciel et à Mansren Nanggi (Seigneur du ciel). La cérémonie se déroule aussi bien en période d’abondance qu’en période de pénurie des produits du jardin et de la mer récoltés par le peuple Byak », a-t-il expliqué.
Rumbekwan a fait savoir que Wor Fa Nanggi est dirigé par un Mon (chef religieux) en tant qu’intermédiaire ou chaman. « La cérémonie a pour but de servir de nourriture au Dieu du ciel Mansren Nanggi afin qu’il bénisse et protège tous les efforts faites par le peuple byak, notamment le jardinage, la pêche, les voyages commerciaux, etc. », a-t-il détaillé
« J’ai donné un exemple d’une des politiques non éthiques, à savoir le processus d’exploitation de l’environnement naturel de la Papouasie dans le cadre d’un contrat d’exploration minière d’or, d’argent et de cuivre entre l’Indonésie et les États-Unis en 1967 », a-t-il relevé.
Rumbekwan a jugé que le contrat avec Freeport était une forme de réglementation non éthique puisqu’il n’impliquait pas les Papous (la tribu Amungme) à l’époque. (*)













