Le dialogue pacifique sur la Papouasie est difficile à réaliser sans l’implication des institutions internationales

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Coordinateur de l'Observatoire papou des droits de l'homme, Thomas Syufi. - Jubi/Theo Kelen

Jayapura, Jubi – Le coordinateur de l’Observatoire papou des droits de l’homme (Papuan Observatory for Human Rights/POHR), Thomas Syufi, a dit qu’un dialogue pacifique pour mettre fin au conflit en Papouasie est difficile sans l’implication des institutions internationales. Syufi estime que le dialogue pacifique ne peut être réalisé que si des institutions internationales des droits de l’homme crédibles et indépendantes participent à la résolution des conflits et des cas de violations flagrantes des droits de l’homme en Papouasie.

« Les différentes mesures prises par la Commission nationale des droits de l’homme pour faciliter le dialogue entre Jakarta et Papouasie me rendent pessimiste sur la réussite de cet effort, car il semble précipité et tend à être forcé. On dirait qu’il y a un grand plan pour couvrir la discussion sur les différentes causes du conflit en Papouasie par un pseudo dialogue, dans la précipitation, et juste pour le spectacle », a indiqué Syufi lorsqu’il a été contacté par Jubi, jeudi (24/11/2022).

Syufi considère que le dialogue de paix Jakarta-Papouasie est difficile à réaliser puisque les parties au conflit actuel sont l’État indonésien par l’intermédiaire du gouvernement en place et le peuple papou représenté par des organisations de résistance poussant la question de l’indépendance papoue. En outre, les acteurs du conflit, tels que l’Armée de libération nationale de la Papouasie occidentale (Tentara Pembebasan Nasional Papua Barat/TPNPB), n’ont pas participé aux pourparlers initiaux en vue d’un dialogue entre Jakarta et la Papouasie.

« Ces tentatives de dialogue devront être rejetées par le peuple papou parce qu’il soupçonne qu’il existe un intérêt de la part de l’Indonésie à occulter divers cas de violations flagrantes des droits de l’homme et l’histoire politique de la Papouasie. La violence après la violence qui a donné naissance à la memoria passionis (le souvenir commune de la souffrance d’une nation) en Papouasie ne peut être transformée uniquement par le dialogue Jakarta-Papouasie », a-t-il déclaré.

Syufi a indiqué que la Commission nationale des droits de l’homme pourrait contribuer aux efforts visant à résoudre le conflit entre le gouvernement et le TPNPB en plaidant auprès d’une institution internationale indépendante, crédible et fiable pour faciliter un dialogue pacifique entre le peuple papou et le gouvernement indonésien. La commission peut également exhorter le gouvernement indonésien à s’ouvrir au dialogue avec le peuple papou, facilité par un État neutre ou une institution internationale acceptée par les deux parties au conflit.

« Les victimes et les familles des victimes de diverses violations flagrantes des droits de l’homme en Papouasie – qu’il s’agisse de Wasior, de Biak, d’Abepura, de Wamena ou d’autres – peuvent demander à des institutions internationales des droits de l’homme crédibles et indépendantes de résoudre les cas de violations flagrantes, y compris toutes les tragédies humanitaires qui se sont produites depuis que la Papouasie a rejoint l’Indonésie, de 1963 à aujourd’hui. Cela doit être fait pour que toutes les enquêtes ou investigations se déroulent objectivement, honnêtement et en toute transparence et répondent au sens de la justice des victimes et à la justice collective du peuple papou », a-t-il souligné. (*)

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